Grand rendez-vous sportif de l'année
La 21ème édition de la Franck Pineau
Samedi 9 juin 2018
à Auxerrexpo

Conférence de presse de la CPAM le 29-03-2018
Interview du Président du Conseil de la CPAM, Monsieur Paul GIRARD 
(+ utilisation du discours de l’inauguration de la stèle)
 
Les enjeux de la Sécurité sociale et de l’Assurance Maladie en particulier restent essentiels dans notre société avec la défense de valeurs comme l’universalité et la solidarité. L’Assurance Maladie évolue en permanence pour répondre aux exigences des pouvoirs publics, remplir ses missions et satisfaire aux attentes. 
Le 29 mars 2018 marque la fin du mandat pour le Conseil de la Caisse. Le nouveau Conseil est installé le 4 avril. Avant son départ, le Président du Conseil de la CPAM de l’Yonne, Paul GIRARD, revient sur son parcours et sur l’institution qu’il a défendue pendant des années et qu’il continuera à soutenir, la Sécurité sociale, et plus précisément l’Assurance Maladie avec la CPAM de l’Yonne. 
Après avoir été maire et salarié de la CCI de l’Yonne, c’est une nouvelle étape avec la fin du mandat de Président du Conseil de la CPAM de l’Yonne. « Je suis président du Conseil de la CPAM depuis 1997, explique Paul GIRARD, il y a eu une interruption de 2010 à 2015 avec Murielle BIGOT, j’étais toujours membre du Conseil. De 2015 à 2018, j’ai repris la fonction de Président. » Le Conseil de la CPAM compte 22 membres pouvant siéger dans diverses commissions. Historiquement, le Conseil est lié au plan Juppé de 1995. En fait, il faut distinguer deux époques dans l’histoire de la Sécurité sociale. La première porte sur les Trente Glorieuses, une période qui ne rencontrait pas de problèmes majeurs et accordait une certaine liberté aux professions libérales. La seconde époque apparaît avec les difficultés économiques et les crises. Il s’agissait de mieux contrôler l’argent dépensé. Le déficit de la Sécurité sociale a mis en cause la gestion du système. Fallait-il envisager une gestion avec des assurances privées ? La rentabilité entre en ligne de compte. En réalité, le système est très bien géré puisque le coût de fonctionnement des organismes est seulement de 1,4 %. Un chiffre qui est très faible. Pour un budget de plus de 200 milliards par an, cela représente moins de 3 milliards de frais de fonctionnement. Par exemple, les organismes complémentaires ont un coût de fonctionnement supérieur. L’Assurance Maladie fonctionne bien. C’est le système de soins qui est défaillant. Il y a encore des soins non justifiés. Les intérêts économiques en jeu sont très importants. L’affaire du Médiator est une illustration du sujet avec le combat du Dr Irène FRACHON. Je vous conseille le film « La fille de Brest ». L’Assurance Maladie a connu de profondes évolutions, une adaptation en réponse aux besoins de la société. 
On peut évoquer l’inauguration de la stèle qui a eu lieu le 24 mars 2018 à Auxerre, rue du Moulin, la rue où se trouve le Siège de la CPAM de l’Yonne. Mon propos a notamment porté sur notre système actuel de solidarité qui existe depuis le dernier conflit mondial. Cette stèle rend hommage à Ambroise CROIZAT, alors ministre du Travail, sous le gouvernement d'union nationale qui prit la décision politique de la création de la Sécurité Sociale, et à Pierre LAROQUE, haut fonctionnaire qui en fut le premier Directeur Général.  
Depuis ces 70 ans, l'institution a bien connu des péripéties, crée d'abord comme universelle, elle s'est peu à peu scindée en branches : Recouvrement, Famille et Maladie. Trois régimes obligatoires qui se sont structurés : les salariés, les agricoles et les indépendants.  
Pendant les Trente Glorieuses, elle est alimentée exclusivement par les cotisations des entreprises et des salariés. C'est l'époque de la gestion de l'abondance, où augmentation des cotisations et la diminution des remboursements s'accordent pour assurer l'équilibre du régime.  
C'est durant cette période et dans un souci de santé publique, que la Caisse a créé deux œuvres, aujourd'hui encore actives, le Centre d'Examens de Santé, et le centre Armançon pour la maladie alcoolique implanté à Migennes. 
A partir de 1975 avec la crise du pétrole, c’est la rupture avec le modèle économique précédent. Le "Trou" de la Sécu va conduire à une insinuation permanente de l'incapacité d'un système public à gérer cette institution. Il faudra attendre 20 ans pour que la distribution des soins à travers le pays soit prise en compte. Le déficit conduit l’Etat à adopter le "Plan Juppé". L'Assurance Maladie est passée d'une tentative de gestion de l'équilibre à un véritable intérêt pour la gestion du risque et sur les coûts de distribution des soins, publics et privés. Le système doit être maîtrisé et régulé. Le Parlement sera amené à voter les montants des dépenses annuelles à ne pas dépasser. 
 
Le système doit aussi s'adapter aux évolutions technologiques. La carte Vitale est un symbole de communication, une clé électronique. Ce que 200 banques ont mis plus de trente ans à réussir, l’Assurance Maladie relever le défi pour 45 millions d'assurés sociaux en un peu plus de 10 ans. La carte Vitale permet un remboursement sous 5 jours aux assurés. Avec l’informatisation, la délocalisation des traitements des dossiers devient possible. La référence n'est plus géographique. Ces technologies autorisent une véritable « UBER isation » du travail administratif des Caisses et la CNAM peut ainsi confier des missions - ou les retirer - aux caisses en fonction de leur performance. Ce qui peut être lourd de conséquences pour les emplois de la Caisse dans l'Yonne. 
La régulation et la distribution des soins sont un enjeu actuel. Le système libéral a montré ses limites pour la médecine de ville, laissant des pans entiers de notre géographie rurale, mais aussi urbaine en déserts médicaux, c'est à dire sans accès aux soins. Nous ne manquons pas de médecins en France, la comparaison avec les densités des pays de l'OCDE le montre, mais nous manquons cruellement d'un outil de régulation permettant d'envoyer le personnel médial là où il y a des assurés sociaux à soigner. Compte tenu de l'intérêt marqué par les jeunes générations de médecins pour le statut de salarié, le Conseil de la CPAM, à l'instar du Conseil Départemental de la Saône-et-Loire, a souhaité voir se créer une brigade de remplacement pour palier aux déserts médicaux de notre département. 
Les ressources de la Sécurité sociale, qui dans l'esprit des fondateurs CROIZAT et LAROQUE étaient exclusivement des cotisations, sont confrontées à la mutation des formes du travail. Elles évoluent, en faisant déjà appel depuis des années à une Contribution Sociale Généralisée qui pèse de plus en plus dans les ressources. Comment devront contribuer les industries de l'internet ? Les moyens doivent permettre d'assurer un accès aux soins à tous et des soins de qualité. 
La branche Maladie se voit retourner aux fondamentaux de ses créateurs. En effet, récemment le régime des Travailleurs salariés à réintégré en son sein des régimes qui s'étaient historiquement dispersés : les Mines , les Cultes, les Etudiants (une économie d’environ 260 euros pour chaque étudiant chaque année), la MGP et depuis le 1er janvier le régime des indépendants (RSI). Ce clin d'œil à nos Pères fondateurs valide de nouveau leur idée force d'un régime unique et universel, pourtant historiquement combattu par les particularismes corporatistes. 
La CPAM de l’Yonne poursuit son évolution dans sa politique de l’accueil avec un accueil sur rendez-vous qui a conduit à une augmentation du taux de satisfaction chez les assurés, il est de 84 %. Cela permet d’éviter les papiers oubliés (photocopies ou documents) et la file d’attente. Le compte ameli et ameli.fr apportent des réponses à domicile. 

                                                                                                                                                              
De gauche à droite, Serge Le Doussal, Paul Girard, Patrick KAZANDJIAN, Directeur de la CPAM
Groupe de la direction de la CPAM avec les conseillés - Photographie prise le samedi 24 mars 2018 lors de  l'inauguration de l'espace CROIZAT, LAROQUE fondateurs de la sécurité sociale